Importer une pelle, un tracteur HOWO ou une benne en République démocratique du Congo n’est pas une formalité de quai. C’est une chaîne : licence, inspection au départ, fret, liasse électronique, déclaration en douane, puis acheminement intérieur. Une pièce manquante bloque l’engin. Voici le parcours, tel qu’il résulte des textes et procédures publics 2025–2026 — sans barème inventé.
Le cadre : GUICE, DGDA, OCC, OGEFREM
Quatre institutions reviennent dans presque tous les dossiers d’import :
- GUICE / SEGUCE — le Guichet unique intégral du commerce extérieur. C’est le canal électronique des dossiers d’importation. Les opérations hors de ce canal sont considérées comme irrégulières par les instructions ministérielles de fin 2025.
- DGDA — la douane. Elle prend en charge la marchandise, enregistre le manifeste, reçoit la déclaration et liquide les droits et taxes (système SYDONIA World, tarif aligné sur le SH 2022).
- OCC, avec Bureau Veritas / BIVAC — le programme de vérification avant embarquement. L’inspection se fait au pays d’expédition, avant le chargement.
- OGEFREM — pour le fret maritime, la FERI (fiche électronique de renseignements à l’importation) accompagne les envois à destination de la RDC, y compris en transit par un port tiers (Dar es Salaam, Durban, etc.).
Selon la DGDA, le transporteur dépose le manifeste à l’arrivée ; la marchandise est prise en charge, éventuellement placée en magasin ou aire de dédouanement (MAD). L’opérateur dépose ensuite sa déclaration dans les trois jours francs (dimanches et fêtes non compris) auprès du bureau qui détient la marchandise.
Avant l’embarquement : DIB, inspection, FERI
Le schéma habituel, décrit par les opérateurs et par les fiches GUICE / BIVAC, est le suivant :
- Vous (ou votre transitaire) ouvrez une Déclaration d’importation des biens (DIB) sur le GUICE, à partir d’une facture pro forma détaillée, via votre banque. Un numéro de validation ISYS (Banque centrale) sert ensuite au mandat d’inspection.
- L’OCC transmet un ordre de contrôle à BIVAC. L’exportateur en Chine (ou ailleurs) prépare les documents de conformité avant l’inspection physique.
- Depuis le 29 juin 2025, la note circulaire n° 001/CAB/MIN.COMEXT (mai 2025) précise que l’inspection a lieu avant chargement. Une notification préliminaire autorise l’expédition ; un constat de non-conformité bloque. Après expédition, les documents commerciaux finaux permettent l’émission de l’Attestation de vérification (AV). Un Avis de refus d’attestation (ARA) ne permet plus le dédouanement : seule l’AV est recevable.
- La FERI OGEFREM doit être souscrite pour le fret maritime à destination RDC, de préférence avant l’arrivée au port de débarquement, sous peine de pénalités (barème : à confirmer avec l’agent OGEFREM).
En pratique, le dossier d’expédition GUICE (référence du type FXI) rassemble AV, factures, connaissement, liste de colisage, FERI. C’est cette référence que le transitaire présente à la douane. Inutile d’improviser un dossier papier parallèle.
Liasse électronique GUICE → SYDONIA (2025–2026)
La note circulaire interministérielle n° 003/CAB/MIN/FINANCES/2025 et n° 003/CAB/MIN.COMEXT/KKJ/2025 du 17 décembre 2025 rend obligatoire la transmission électronique de la liasse du GUICE (S/ONE) vers la DGDA (SYDONIA). L’obligation court à compter du 29 décembre 2025, avec un déploiement progressif (Kinshasa, Haut-Katanga, Lualaba, Kongo Central) puis une généralisation annoncée au 18 février 2026. Les services publics sont invités à n’utiliser que les documents dématérialisés. Les formations se poursuivaient encore à Matadi en juin 2026 (SEGUCE / DGDA).
Conséquence : votre transitaire doit travailler dans le GUICE. Un dédouanement hors système n’est plus le mode prévu.
Droits, TVA, autres frais : ce que l’on peut dire — et ce qu’il faut confirmer
La DGDA classe la marchandise dans le tarif SH 2022 (nomenclature à huit chiffres). Le taux de droits de douane dépend de cette position (camion tracteur, benne, pelle hydraulique n’ont pas nécessairement le même traitement). Un Renseignement tarifaire contraignant (RTC) peut être demandé à la douane pour figer le classement. Nous ne publions pas de pourcentage de droits : il doit être confirmé avec AfriMach et votre transitaire sur le code exact de l’engin.
La TVA à l’importation est indiquée par la DGI au taux de 16 % pour les marchandises importées. La base n’est pas le seul prix FOB : les textes douaniers raisonnent à partir de la valeur en douane (typiquement CIF), majorée des droits de douane (et, le cas échéant, d’autres impositions). Le montant exact de votre liquidation figure sur le bulletin communiqué par le receveur.
S’ajoutent, selon les dossiers : redevances d’inspection OCC/BIVAC, FERI / redevances OGEFREM, manutention portuaire, magasinage, honoraires du déclarant. Le Fonds de promotion de l’industrie (TPI/I) prévoit des exonérations de biens d’équipement pour certaines entreprises industrielles en règle — ce n’est pas automatique pour un importateur occasionnel. Tout montant hors TVA 16 % doit être chiffré sur votre liasse, pas recopié d’un blog.
Véhicules d’occasion : décret n° 26/01 du 24 janvier 2026
Si vous importez un camion d’occasion (plutôt qu’un engin neuf départ usine), un décret du 24 janvier 2026, largement relayé (Bankable, Kongo Média, Leganews), encadre l’âge maximal : 15 ans pour plusieurs catégories, dont les poids lourds et camions-citernes ; 20 ans pour les tracteurs agricoles, forestiers et miniers. Pièces à joindre notamment : certificat de contrôle technique du pays d’origine, carte grise (ou copie certifiée), acte de cession authentifié. En cas de doute, la douane peut mandater un expert aux frais de l’importateur ; le non-conforme est réexporté ou détruit. Une période transitoire de six mois après publication au Journal officiel est prévue.
Ce texte vise les véhicules. Une excavatrice, une grue ou un chargeur peut relever d’un autre classement. Ne présumez pas que le plafond de 15 ans s’applique tel quel à une pelle : faites qualifier la machine par AfriMach et le transitaire avant d’acheter de l’occasion.
Corridors : Matadi, Kasumbalesa, Dar es Salaam
Trois portes d’entrée reviennent pour les engins :
- Matadi / Kongo Central — port maritime vers Kinshasa et l’Ouest. C’est le corridor historique ; la dématérialisation GUICE–DGDA y a fait l’objet de formations dédiées en 2026.
- Kasumbalesa — frontière Zambie / Haut-Katanga, porte du Copperbelt (Lubumbashi, Kolwezi). Fréquent pour le matériel minier, souvent après un transit maritime vers Durban, Beira ou Dar, puis route.
- Dar es Salaam (transit) — port de transbordement courant vers l’Est et le Katanga. La FERI reste due lorsque la destination finale est la RDC.
Les délais mer + terre varient trop (congestion, saison, Ro-Ro ou conteneur) pour un chiffre unique. Demandez un calendrier sur votre dossier.
Documents à préparer côté acheteur
- Identité de l’importateur, NIF, dossier entreprise à jour ;
- facture pro forma puis facture commerciale, packing list, contrat ;
- DIB / licence via GUICE et banque ;
- AV BIVAC (pas un ARA) dans le dossier d’expédition ;
- connaissement (B/L) ou titre de transport, FERI ;
- pour l’occasion : carte grise, acte de vente, contrôle technique d’origine — si le décret véhicules s’applique ;
- coordonnées du transitaire au bureau de douane d’arrivée.
AfriMach fournit le devis fabricant et coordonne l’export (inspection, packing, fret, liasse). Un transitaire local dépose la déclaration DGDA — nous pouvons vous en proposer un. Un engin mal décrit sur la pro forma se paie en magasinage : mieux vaut une semaine de plus sur le dossier qu’un mois sur le quai.
Un devis fabricant, la logistique comprise
AfriMach identifie l’engin adapté à votre chantier, négocie le devis fabricant (HOWO, SHACMAN, FAW, XCMG, SANY) et organise l’export jusqu’à votre site en Afrique — priorité RD Congo. Décrivez votre usage : nous vous rappelons sous 24 h, sans engagement.



